mercredi 10 décembre 2014

Le cor de chasse à Wéris, et petite papote

Évasion à Wéris, pas loin de Durbuy, pour découvrir avec mon homme la cuisine de Mario Elias.  

Mais si, tu sais, Mario, le gars qu'Anthony à pris en photo au centre du champ mégalithique avec, en fond, les feux de l'enfer !! 

En lisant le bouquin de Génération W, fin 2013, j'avais déjà eu envie d'y faire un saut.  Et puis le temps passe, passe, . . .  et déjà revient la saison du gibier, super occasion de se mettre en route.

Petite parenthèse pour info, ce billet n'est pas sponsorisé, je suis ici chez moi, libre de mes paroles et de ce que je décide de noter sur mon "journal".  Sauf invitation, et dans ce cas je le précise dans l'article, au restaurant nous payons notre addition, comme tout le monde !!

Ceci mis au point, novembre au soleil, j't'emmène ??      :-)

Mise en bouche

En route par monts et par vaux, flâner, prendre le temps.  A l'arrivée nous attend un impressionnant ensemble de vieux bâtiments, une ferme-château restaurée avec beaucoup de goût, tu sais comme je suis sensible aux vieilles pierres.  On pousse la porte du Cor de chasse, accueil chaleureux et souriant, décor sobre, très nature, on se sent tout de suite bien au milieu de cet agrandissement, grand ensemble vitré qui met nos yeux à hauteur du jardin, la table baignée de lumière, les couleurs chatoyantes de l'automne au dehors, on est prêt !!

Je ne vais pas te décrire aux mots près le menu, il est sur le site, il n'y a d'ailleurs pas de photos de tous les plats, si le Cor de chasse fait partie des tables Belges étoilées tu te doutes que ça a été un moment d'exception.

Magret de canard mariné / langoustine à la plancha - vinaigrette de pomme de terre / haricot de Paimpol

Non, ce que j'ai envie de partager aujourd'hui c'est plutôt au delà du repas, ce que m'inspire à chaque fois la découverte d'un endroit, d'une personnalité.  Pour moi, même si bien sur au premier abord ça me séduit, peu importe le décor, l'ambiance, le lieu, le service, si le produit est top, que les associations et assaisonnements sont justes, tu te souviendras avec émotion de ce plat génial, de ces accords évident, pas de la couleur de la nappe ou de la coiffure du serveur. 

Un restaurant n'est pas "magique" (quoique, certains chefs me font penser à Panoramix), il faut savoir aimer, découvrir de jolis produits et artisans, retrouver des coups de coeurs, apprendre à "lire" l'assiette déposée devant toi et reconnaitre le travail et l'histoire qu'il y a derrière. 

Chevreuil / panais / mûres / betterave / airelles

Le repas s'est déroulé comme un enchantement, service fluide, gourmandise, bonne humeur, soleil.  C'était il y a seulement 10 jours et je dois bien t'avouer que je serais incapable de me souvenir de la couleur des sièges  (pourtant on y est super bien assis) . . .    Mais je n'oublierais pas la découverte du "caillou de Wéris", fromage local que le chef associe avec le poisson (Bar/aubergine/tomates marinées/caillou de Wéris/basilic). 

Et puis j'ai complètement craqué pour la cuisse de canard confite, associée à l'estragon et au fruit de la passion, dans son bouillon dashi.  Tandis que l'homme se serait damné pour une seconde assiette de chevreuil et sa meringue betterave.

On a retrouvé, en accord sur le gibier, notre bonne copine, la Folle Noire d'Ambat, déjà beaucoup appréciée au Miam Miam à Heusy.  Cépage 100% Négrette avec lequel nous avons désormais des liens de coeur depuis que Benjamin en est le charmant représentant. 

Pommes / topinambour

Voilà, c'est un peu long mais j'essaye de t'expliquer ce qui se grave en moi, ces mille petites choses qui font pétiller les yeux et les papilles quand on y repense, qui nous font dire : tu te souviens ?? . . .   le lard 72h d'Anthony Delhasse, la ventrèche de thon de Stéphane Jégo, le céleri rave de Stéphane Diffels, les gibiers de Maxime Collard, le bolo do caco sur le port de Funchal, le canard de Ludovic Vanackere, les huîtres sur l'île d'Oléron, les langoustines de Christophe Pauly, le ris de veau de Cédric Delsaut, le bar de ligne d'Arabelle Meirlaen, les moules sur le port de la Flotte en Ré, la tête de veau de Bart de Potter, le lapin d'Olivier Massart, le maquereau de Sang Hoon Degeimbre, les supions à San Sébastian, le canard en deux préparations de Mario Elias, les accords mets et vins de Dimitri Walhin ou de Pierre Thirifays, . . . 

Le repas est toujours un moment de plaisir qu'on partage avec ceux qu'on aime.

Tu iras peut-être un jour au Cor de chasse, chez Mario, Aurore et leurs fils Jonah et Nathan, tu y dégusteras des mets divins servi avec d'exquis breuvages, l'endroit et le décor t'émerveillerons, c'est certain, mais n'oublie pas, au delà des apparences, il y a le travail et la fierté d'une famille qui sait s'entourer de belles personnes.

Qu'ils soient ou non de Génération W, la Wallonie fourmille de belles tables.  C'est vrai que beaucoup ont fait le pari risqué de s'implanter en pleine campagne, mais c'est justement cet isolement qui fait leurs forces, ils sont seuls, avec chacun un réseau et terroir différent, au plus proche des artisans et producteurs.  Leur créativité vient de ces jolis produits aux multiples saveurs qui leurs sont personnelle. 

Et puis, même si des fois ça fait figure d'expédition au bout du monde, quel plaisir de traverser tous ces superbes paysages, Brabant, Condroz, Fagne, Ardenne, vallées, collines, cours d'eau, . . .  font de nous ce que nous sommes, fiers d'être Wallon.

Devine qui a pris le dessert Chocolat / mojito / bergamote    :-)   


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